Réfugiés – L’Aquarius divise au sein de l’UE

Dimanche matin, 629 réfugiés sont arrivés au port de Valence, en Espagne. Depuis plus d’une semaine, ils étaient rejetés par les différents gouvernements européens. Le bateau Aquarius les avait sauvé d’une noyade dans la Méditerranée. Cette situation remet en lumière la crise migratoire active depuis déjà 2015 et démontre une fois encore, les désaccords européens sur la question.

« Pas de barrière, pas de nation« , est écrit sur les murs du port de Lesbos, l’une des portes de l’Europe empruntée par les réfugiés depuis 2015. ©sophiehériaud

Le scénarios n’est malheureusement plus un cas isolé, parmi les rescapés des hommes, des femmes enceintes, des jeunes enfants et des mineurs isolés. Le 9 juin, ils ont été repêchés par l’Aquarius, bateau humanitaire de l’association allemande, SOS Méditerranée et Médecin sans frontières. Le problème de ce sauvetage est advenu au moment d’accoster: aucun port européen n’autorisait l’accueil de l’embarcation. Proche de l’Italie, le bateau en route vers la Sicile se voit refuser son accès par le gouvernement. À son tour Malte refuse, estimant que c’est l’Italie qui a lancé la demande d’intervention. C’est alors le début d’un bras de fer qui « s’européanise », à force de discours et de contre-déclarations.

Au bout de deux jours, le bateau est finalement accepté au port espagnol de Valence, par le nouveau gouvernement de Pedro Sanchez. La perte de temps considérable entre les désaccords et l’absence de décisions a retardé le débarquement du bateau. Entre temps, d’autres réfugiés s’aventurent à travers les dangers de la Méditerranée, leur potentiel sauvetage ne pourra avoir lieu. L’Aquarius étant toujours réquisitionné, plus longtemps que prévu.  « L’inaction de l’Europe est criminelle« , selon Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée qui déplore plus de 15 000 morts depuis le début du grand pic migratoire de 2015.

En quête d’une solidarité européenne

Depuis le début de la crise des réfugiés, chaque pays européen établit plus ou moins sa politique d’accueil, ne laissant pas vraiment de place à la solidarité des nations. L’Allemagne, la France, l’Italie et la Grèce acceptent pas moins de 75% des réfugiés en Europe.

Pour autant, la Grèce et l’Italie par leur proximité géographique reçoivent directement les flux migratoires. Quant aux petits pays comme Malte et Chypre, ils accueillent de nombreux individus proportionnellement à la taille des territoires. Le sauvetage très médiatisé va pouvoir permettre de reprendre des discussions sur la question de la solidarité européenne, mais jusqu’à quand?

 

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